- La santé et la sécurité psychologiques
- La compétence des gestionnaires
- La santé mentale : un enjeu qui touche le milieu de travail
- Les problèmes de santé mentale touchent de nombreux Canadiens
- La santé mentale est liée à la santé physique
- Coûts liés à l’absentéisme et à l’invalidité
- Ressources supplémentaires
- Références
La recherche évolue constamment dans le domaine de la santé et de la sécurité psychologiques. Avec l’aide de chercheurs sous la supervision de Heather Stuart, Ph. D., de l’Université Queen’s, ces statistiques ont été mises à jour en 2024. L’équipe de recherche s’est efforcée de fournir des statistiques crédibles, généralisables et pertinentes. L’équipe de Stratégies en milieu de travail poursuivra l’exercice de mise à jour au fur et à mesure de l’émergence de nouvelles données probantes. Vous pouvez utiliser les statistiques pour étayer l’analyse de rentabilisation de la santé et de la sécurité psychologiques dans votre organisation.
La santé et la sécurité psychologiques
Recherche en santé mentale Canada propose un tableau de bord interactif en ligne qui vous permet d’explorer les résultats de l’enquête menée auprès de 5 505 travailleurs canadiens en 2023 à l’aide de l’évaluation Protégeons la santé mentale au travail (Samra et al., 2009-2020), concernant la SSP en milieu de travail.
- Les employeurs qui soutiennent la santé mentale de leurs employés obtiennent un rendement de 4 $ pour chaque dollar investi dans les traitements de santé mentale des employés (National Safety Council, 2021).
- La sensibilisation et la promotion de la connaissance de la santé mentale au travail, ainsi que le fait de faire de la santé mentale une priorité au travail, peuvent améliorer la santé mentale et contribuer à minimiser les coûts économiques de la maladie mentale (Deloitte, 2022).
- Les programmes de santé mentale parrainés par l’employeur sont associés à une diminution de l’absentéisme au travail, à une plus grande fidélisation des employés et à une amélioration au titre de la dépression et de l’anxiété (Bondar et coll., 2022).
- Seulement 59 % des employés estiment que leur milieu de travail est sécuritaire sur le plan psychologique et qu’ils disposent d’un soutien limité pour gérer leur stress (Recherche en santé mentale Canada, 2025).
Répercussions de la Norme nationale
Bien qu’elles aient été lancées en 2013, les dernières statistiques de Recherche en santé mentale Canada (Recherche en santé mentale Canada, 2024) sur la Norme nationale du Canada sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail (la Norme) montrent que seuls 12 % des employés canadiens connaissent la Norme, tandis que 59 % des Canadiens n’en ont jamais entendu parler.
Les statistiques suivantes mettent en évidence les répercussions positives sur les organisations qui mettent en œuvre la Norme par rapport à celles qui ne le font pas.
- Dans les organisations qui appliquent la Norme, 5 % des employés estiment que leur milieu de travail est psychologiquement malsain, comparativement à celles qui ne l’appliquent pas et où 13 % des employés estiment que leur milieu de travail est psychologiquement malsain ou dangereux (Ipsos Reid, 2017a).
- Dans les organisations qui mettent en œuvre la Norme, les employés qui sont ou ont été aux prises avec la dépression manquent moins de jours de travail (7,4 jours par année) comparativement à ceux dont l’organisation ne l’applique pas (12,5 jours) (Ipsos Reid, 2017a).
- Une proportion de 26,3 % des répondants syndiqués et de 23,2 % des répondants non syndiqués affirment que leur organisation participait activement à la mise en œuvre de la Norme ou aux efforts continus visant à maintenir et à améliorer des éléments clés de celle-ci (Ipsos Reid, 2017a).
La compétence des gestionnaires a une incidence sur la santé mentale des employés
- Un gestionnaire sur trois (34 %) a déclaré que ses employés avaient exprimé des préoccupations en matière de santé mentale au cours de l’année écoulée (Telus Health, 2023).
- Une proportion de 52 % des gestionnaires croient qu’ils peuvent reconnaître les moments où des membres de leur équipe sont aux prises avec une détresse psychologique. (Recherche en santé mentale Canada, 2024).
- Il s’avère que 77 % des gestionnaires reconnaissent qu’ils peuvent soutenir efficacement le rendement des employés pendant les périodes de détresse psychologique (Recherche en santé mentale Canada, 2024).
- Une proportion de 49 % des gestionnaires interrogés sont tout à fait d’accord pour dire qu’ils répondent rapidement aux préoccupations des employés en matière de sécurité physique. Toutefois, seulement 41 % d’entre eux sont tout à fait d’accord pour dire qu’ils abordent et résolvent efficacement les situations qui pourraient menacer ou compromettre la santé et à la sécurité psychologiques des employés (Recherche en santé mentale Canada, 2021).
- Un employé sur trois (37 %) estime que son gestionnaire réagirait de façon efficace et rapide aux risques liés à la sécurité physique, alors que seulement 29 % estiment que leur gestionnaire réagirait efficacement aux mesures qui menaceraient leur santé et leur sécurité psychologiques (Recherche en santé mentale Canada, 2022b).
- L’offre d’une formation en santé mentale aux gestionnaires est un facteur prédictif de niveaux d’absentéisme inférieurs à la moyenne liés à des maladies mentales de longue durée (Hassard et coll., 2024).
La santé mentale : un enjeu qui touche le milieu de travail
- La Commission de la santé mentale du Canada a constaté qu’au cours d’une semaine donnée, 500 000 Canadiens s’absentent du travail en raison d’un problème de santé psychologique (Commission de la santé mentale du Canada, 2023).
- En moyenne, les employés canadiens manquent 2,4 jours de travail par an pour des raisons de stress ou de santé mentale (Gouvernement du Canada, 2024).
- Plus de la moitié des employés (52 %) affirment avoir été aux prises avec des problèmes de santé mentale qui ont eu une incidence sur leur travail. Cependant, seul un employé sur trois (33 %) l’a déclaré, et seulement 42 % des employés ayant reçu un diagnostic de maladie mentale l’ont révélé à leur employeur. La principale raison de ne rien dire est la crainte de subir des conséquences sur le plan professionnel ou d’être perçus comme moins compétents (Recherche en santé mentale Canada, 2025).
- Une proportion de 36 % d’employés ont déclaré avoir eu au moins un jour au cours de la semaine précédente où ils se sont sentis si mal, distraits ou diminués que leur productivité s’en est trouvée réduite au travail.
- La réduction de la productivité est moins fréquente chez les employés dont l’entreprise accorde la priorité à la prévention de l’épuisement professionnel (31 %), offre des milieux favorables (34 %) ou n’est pas considérée comme stressante (23 %) (Recherche en santé mentale Canada, 2025).
- Il s’avère que 55 % des Canadiens qui travaillent trouvent leur milieu de travail stressant. Un Canadien sur dix affirme que le sien est très stressant (11 %).
- Les personnes qui travaillent pour de grandes sociétés ouvertes sont les plus susceptibles de se sentir stressées (sociétés ouvertes : 63 %; sociétés ayant au moins 101 employés : 59 %). (Recherche en santé mentale Canada, 2025).
- Quelque 69 % des travailleurs canadiens ont déclaré avoir ressenti des symptômes d’épuisement professionnel au cours des 12 derniers mois. Les symptômes les plus courants sont la fatigue et la baisse de motivation (Recherche en santé mentale Canada, 2024).
- Les entreprises qui font de la prévention de l’épuisement professionnel une priorité ont des taux d’épuisement professionnel inférieurs de 30 %, tandis que celles qui ne font rien ont des taux supérieurs de 20 % à la moyenne.
- Le passage de l’inaction à la prévention de l’épuisement professionnel entraîne des économies annuelles chiffrées à 1,7 million de dollars pour une organisation de 500 employés, soit 3 400 $ par employé (Recherche en santé mentale Canada, 2025).
- Seulement 47 % des personnes qui se sentent souvent ou toujours en situation d’épuisement au travail estiment que leur employeur favorise leur santé psychologique. Seulement 49 % estiment que leur employeur les soutiendrait s’ils étaient en détresse psychologique (Recherche en santé mentale Canada, 2024).
- Il s’avère que 39 % des employés canadiens disent se sentir en situation d’épuisement (Recherche en santé mentale Canada, 2025).
- Trois travailleurs canadiens sur quatre (77 %) déclarent qu’ils ne se sentiraient pas à l’aise pour parler d’un problème de santé mentale avec leur employeur (Centre de toxicomanie et de santé mentale, 2021).
- Près de deux employés sur cinq (38 %) se sentent à l’aise pour parler à leur supérieur des risques de sécurité physique, alors que seulement 29 % se sentent à l’aise pour parler à leur supérieur des risques de sécurité psychologique (Recherche en santé mentale Canada, 2022b).
Les problèmes de santé mentale touchent de nombreux Canadiens
- Près de trois personnes sur cinq (58 %) sont directement touchées par un diagnostic de problème de santé mentale personnellement ou par l’intermédiaire d’un membre de leur famille proche (Recherche en santé mentale Canada, 2025).
- Environ un Canadien sur cinq (18 %) répond aux critères diagnostiques d’une maladie mentale ou d’un trouble lié à l’usage d’une substance au cours d’une année donnée. Toutefois, seule la moitié d’entre eux (49 %) ont déclaré avoir parlé de leur santé mentale à un professionnel de la santé au cours de l’année écoulée (Stephensen, 2023).
- L’amélioration de l’accès aux services de santé mentale est l’une des principales priorités en matière de soins de santé, 93 % des médecins déclarant qu’il y a une pénurie de services en santé mentale et en toxicomanie dans leur communauté (Ontario Medical Association, 2022).
- La dépression est l’une des maladies chroniques les plus courantes chez les adultes canadiens (Queenan et coll., 2021).
- Une proportion de 36 % des Canadiens occupant un emploi ont déclaré un niveau moyen (5 à 7) ou élevé (8 à 10) de dépression (Recherche en santé mentale Canada, 2024).
- La prévalence des troubles dépressifs majeurs chez les Canadiens de 18 ans et plus est passée de 6,7 % avant la pandémie à 17,4% en 2023 (Statistique Canada, 2023).
- Il est important de prendre régulièrement soin de notre santé mentale. Adopter des comportements qui favorisent une bonne santé mentale peut aider à :
- prévenir certaines maladies mentales;
- améliorer la santé physique;
- renforcer les personnes et les communautés;
- réduire la stigmatisation envers les maladies mentales (Gouvernement du Canada, 2022).
- Les comportements qui favorisent une bonne santé mentale peuvent consister, notamment, à :
- bien manger et dormir;
- être physiquement actif;
- favoriser des relations sociales positives (Gouvernement du Canada, 2022).
La santé mentale est liée à la santé physique
- La dépression et les troubles anxieux augmentent le risque de cancer de 15 %. En général, la dépression et l’anxiété augmentent de 24 % le risque de mourir d’un cancer (Wang et Karpinski, 2020).
- Un stress professionnel élevé (défini comme la combinaison d’exigences professionnelles élevées et d’une faible latitude décisionnelle augmente le risque de mortalité par maladie cardiovasculaire de 224 % (Matthews et Li, 2023).
- Les troubles mentaux préexistants augmentent de 137 % le risque global d’une affection médicale ultérieure. Les troubles de l’humeur (tels que la dépression) augmentent le risque de troubles circulatoires de 132 % (Momen et coll, 2020).
- L’obésité augmente la probabilité de dépression de 33 % (Jokela et Laakasuo, 2023).
- Les symptômes dépressifs peuvent augmenter de 68 % le risque de mauvais résultats en cas d’insuffisance cardiaque chronique (hospitalisation, décès, transplantation) (Abou Kamer et coll., 2024).
- La cooccurrence de la dépression et du diabète augmente de 216 % le risque de décès par cancer et de 222 % le risque de décès par maladie circulatoire (Prigge et coll., 2022).
- La dépression est souvent associée à l’anxiété, à l’asthme, à l’obésité et aux troubles gastro-intestinaux dans toutes les tranches d’âge. L’hypertension et l’hypercholestérolémie apparaissent respectivement chez 31,6 % et 31,1 % des personnes souffrant de dépression (Kuan et coll., 2023).
- Les personnes souffrant d’anxiété sont 140 % plus susceptibles de souffrir d’hypertension (Lim et coll., 2021).
- Les troubles de l’humeur tels que la dépression et l’anxiété augmentent le risque de vertige de 131 % (Kim et coll., 2021).
Coûts liés à l’absentéisme et à l’invalidité
- Les invalidités liées à la santé mentale font partie des types d’invalidité les plus courants au Canada et ont connu la plus forte augmentation de toutes les invalidités (Statistique Canada, 2023c).
- Les maladies mentales représentent 27 % des demandes d’invalidité de courte durée (une hausse de 10 % par rapport à 2014) et 37 % des demandes d’invalidité de longue durée (une hausse de 8 % par rapport à 2014) pour les employeurs canadiens (Le coût de l’inaction, 2025).
- Un climat de travail favorable est associé à la participation des employés à des programmes de bien-être mental (Tringali et coll., 2022).
- Le rapport Deloitte Insights (2019) montre que les programmes de santé mentale qui durent jusqu’à trois ans ont un rendement du capital investi (RCI) annuel médian de 1,62 $ pour chaque dollar investi. Les programmes fonctionnant pendant plus de trois ans avaient un rendement du capital investi de 2,18 $.
- Les modèles de leadership qui favorisent des milieux de travail favorables à la santé psychologique sont associés à la sécurité psychologique au travail (Biricik Gulseren et coll., 2021).
- Les employés signalent moins de stress et sont plus susceptibles de s’absenter pour des raisons de santé mentale lorsqu’ils bénéficient de plus de journées personnelles ou flexibles rémunérées (Thibault et coll., 2023).
- Le coût des heures perdues en raison de l’absentéisme lié à la détresse psychologique au cours d’une année est de 2 337 $ par personne pour les travailleuses âgées et de 2 796 $ par personne pour les travailleurs âgés (Gilbert-Ouimet et coll., 2023).
- Les employés souffrant d’un handicap mental/cognitif déclarent que les besoins d’aménagement du lieu de travail les plus fréquemment insatisfaits sont les modifications du travail (35,9 %) et la flexibilité du lieu de travail (19,6 %). Ces besoins non satisfaits sont plus fréquents chez les femmes exerçant des professions à prédominance féminine (Jessiman-Perreault et coll., 2024).
- Une proportion de 6,6 % du produit intérieur brut (PIB) nord-américain est attribuable aux troubles mentaux (Arias et coll., 2022).
- On estime à 16,6 milliards de dollars le coût annuel pour les entreprises canadiennes de la perte de productivité due au fait que les travailleurs se font porter malades en raison de problèmes de santé mentale (Mercer, 2018).
- Un employé sur quatre (24,5 %) a déclaré travailler malgré le stress, l’anxiété et/ou la dépression ou d’autres problèmes de santé mentale (Thibault et coll., 2023).
- Un employé canadien sur cinq (21 %) a déclaré subir des niveaux élevés ou très élevés de stress lié au travail (Statistique Canada, 2023).
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Ressources supplémentaires
- Données probantes concernant la santé et la sécurité psychologiques. Une revue de la littérature des études démontrant comment les facteurs qui influent sur la SSP ont également un effet positif sur les buts et les objectifs de l’entreprise.
- L’épuisement professionnel représente-t-il un risque pour votre organisation? | PDF. Un outil qui aide à évaluer la réaction de votre organisation au stress lié au travail.
- Avantages en ce qui concerne les coûts pour la santé et la sécurité psychologiques. Contribuez à la SSP au travail en établissant les coûts de base et en apprenant les tendances sur le plan juridique. Considérez également le coût de l’inaction.
- Par où commencer en matière de santé et sécurité psychologiques? Vous ne savez pas par où commencer pour aborder la SSP dans votre milieu de travail? Nous pouvons vous aider. Vous trouverez les étapes pour obtenir un consensus, communiquer un plan et soutenir l’amélioration continuent.
